
Photo : Igor Rugwiza – UN/MINUSTAH |
Le long des allées où s’alignent des maisons en préfabriqués, jadis construites par différentes organisations humanitaires, des arbustes et des plants de poids et de mil se disputent le peu d’eau qui dévale trop vite le sol en pente douce. Contre toute attente, l’activité économique s’y est peu à peu développée. L’allée centrale est bordée de boutiques colorées, quincailleries, salons de beauté ou points de recharge téléphonique. A l’entrée du site, un marché permet aux paysans du coin d’écouler leurs produits.
Plus loin, l’école nationale accueille plus de 1.000 élèves, de la 1e a la 9e année. Assis dans son bureau en contreplaqué, une table en bois et deux chaises comme seul mobilier, son directeur, Sansoir Boyer, est songeur. « Les 33 enseignants de l’école continuent d’assurer les cours, malgré des arriérés de salaire. Corail est comme un petit village », dit-il. « C’est à ses habitants de travailler ensemble pour le transformer ».
En quete de développement durable
Pour preuve que la vie y prend une tournure permanente, Frénel Licence, un jeune responsable communautaire, explique que « Corail a besoin d’un cimetière car, pour l’instant, les familles enterrent leurs morts dans l’unique cimetière de la zone », à plus de 5 km de distance. Par contre les églises y fleurissent, puisque six d’entre elles ont déjà été construites par les résidents du site.
Depuis le 15 mai 2011, quand la gestion du site a été transférée de l’ONG en charge, American Refugie Committee (ARC), à la Mairie de la Croix-des-Bouquets, Corail a été intégré à la commune. Un sous-commissariat assure la sécurité des résidents, mais les questions d’état civil et de justice sont toujours gérées à distance, précise le représentant de la Mairie, John Cassinet.
Plus de 350.000 déplacés du séisme vivent toujours dans des camps, mais Corail Cesselesse rêve aujourd’hui d’une vraie autonomie. « La région a besoin de projets à long terme, de projet de développement durable » dit le responsable, « et non d’aide ».

